Pourquoi servir une mission ? La raison fondamentale réside dans l’objectif principal de l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours. Ce dernier est ce qu’on appelle : le rassemblement d’Israël. Le Christ a dit :

« J’ai encore d’autres brebis, qui ne sont pas de cette bergerie ; celles-là, il faut que je les amène ; elles entendront ma voix, et il y aura un seul troupeau, un seul berger. » (Jean 10:16)

Quand on parle de rassemblement, on ne parle pas d’une conquête politique ou territoriale. Il s’agit plutôt d’une invitation spirituelle adressée à tous les enfants de Dieu pour revenir à lui. Et c’est pour accomplir cette œuvre immense, que l’Église s’appuie sur les missionnaires à travers le monde.

Trois manières de servir une mission

Afin de répondre aux besoins de chacun, le service missionnaire propose trois grands formats distincts.

La mission de prosélytisme

C’est la forme la plus connue du grand public. Elle s’adresse aux jeunes adultes : les jeunes hommes partent pendant deux ans et les jeunes filles pendant dix-huit mois. Les missionnaires ne paient pas le coût réel de leur séjour, car l’Église égalise et subventionne largement les frais grâce à un fonds central. Chaque jeune verse une contribution mensuelle fixe et accessible, quel que soit le coût de la vie dans le pays de destination.

Sur le terrain, leur quotidien est particulièrement rythmé et exigeant. Les missionnaires fonctionnent en équipe de 2 ou 3 jeunes. Les journées commencent avec 30 minutes de sport, puis continuent par des études personnelles et en équipe pour approfondir les écritures et préparer leurs leçons. Ensuite, ils passent la majeure partie de leur temps à aller à la rencontre des gens, que ce soit dans la rue, par du porte-à-porte ou via les réseaux sociaux. Ils enseignent les principes de l’Évangile aux personnes intéressées, les accompagnent vers le baptême et soutiennent l’intégration des nouveaux membres dans les congrégations locales.

De plus, ils consacrent plusieurs heures par semaine à du bénévolat pur : cours de langues gratuits, aide aux personnes âgées ou projets communautaires. C’est une immersion totale où l’on apprend l’autonomie, le travail d’équipe et la gestion du rejet au quotidien.

La mission de service

Cette option répond aux besoins des jeunes adultes qui souhaitent servir, mais qui font face à des contraintes de santé physique ou mentale, ou à des situations personnelles particulières. Contrairement aux missionnaires de prosélytisme, ils restent vivre chez eux et servent directement dans leur région.

Leur emploi du temps est sur mesure et s’adapte précisément aux capacités et aux talents de chacun.

Concrètement, un missionnaire de service peut combiner plusieurs affectations dans sa semaine. Il peut passer deux jours à trier des dons dans une banque alimentaire locale, une journée à entretenir des espaces verts ou des sites historiques de l’Église, et le reste du temps à fournir un soutien informatique ou administratif.

Certains servent également auprès d’organisations caritatives partenaires pour aider les réfugiés ou les personnes sans abri.

Ils ne font pas d’enseignement religieux direct, mais leur travail répond à des besoins très réels. C’est un engagement concret qui leur permet de développer des compétences professionnelles tout en apportant une aide immense à leur communauté.

La mission des seniors

Ce format s’adresse aux couples retraités ainsi qu’aux personnes célibataires de plus de 40 ans, pour des durées très flexibles allant de 6 à 23 mois. Contrairement aux jeunes, ces missionnaires financent leur propre séjour en fonction du coût réel du lieu où ils servent, car ils disposent de plus de ressources. Surtout, ils ne font pas de prosélytisme classique ni de porte-à-porte.

Leur rôle consiste à mettre une vie d’expérience professionnelle et personnelle directement au service des autres. Leurs affectations sont extrêmement variées selon leurs compétences.

Certains gèrent la logistique d’initiatives humanitaires d’envergure, comme la distribution de fauteuils roulants ou l’accès à l’eau potable. D’autres enseignent le français ou l’anglais dans des universités étrangères, soutiennent le fonctionnement des temples, ou aident les personnes à retrouver leurs ancêtres dans des centres d’histoire familiale. Enfin, de nombreux couples agissent comme conseillers et mentors auprès des dirigeants ecclésiastiques locaux dans les pays où l’Église est récente.

Leur maturité apporte une stabilité, un soutien affectif et une crédibilité inestimables.

Pourquoi part-on vraiment ? Les « mauvaises » raisons

Le terrain missionnaire reste exigeant. En effet, les journées sont longues et les rejets fréquents. Le rythme ne laisse donc pas de place à l’hésitation. Si la motivation de départ repose sur une mauvaise raison, l’enthousiasme risque de s’effondrer très vite une fois sur place. Ainsi, pour éviter l’épuisement émotionnel et les regrets, prenons le temps d’identifier ces fausses bonnes raisons. Car il arrive souvent qu’on parte par réflexe plutôt que par choix sincère.

1. Chercher à se « purifier » d’un péché ou d’une dépendance

La mission n’est pas un centre de réhabilitation spirituelle. On ne part pas en mission pour régler des problèmes de pornographie, d’addiction ou d’obéissance. Ces étapes de guérison doivent se faire avant le départ. La mission demande une stabilité mentale et spirituelle dès le premier jour.

2. Espérer « guérir » de son orientation LGBTQ+

La mission n’est pas une thérapie de conversion. Servir une mission dans l’espoir de changer son orientation sexuelle est un piège douloureux. Cela mène souvent à un épuisement émotionnel grave. La mission sert à aimer les autres, pas à essayer de se restructurer soi-même.

3. Céder à la pression familiale ou sociale

Partir pour faire plaisir à ses parents est une très mauvaise idée. Il en va de même si l’on craint le regard des autres membres de l’Église. Le terrain est trop exigeant pour être affronté avec la motivation de quelqu’un d’autre. L’engagement doit venir du cœur de la personne qui part et non de son entourage.

4. Confondre devoir de la prêtrise et commandement

Pour les jeunes adultes hommes, beaucoup voient la mission comme un commandement obligatoire. Pourtant, il s’agit d’un devoir de la prêtrise. Un commandement est une loi universelle dont la violation constitue un péché. En revanche, un devoir est une responsabilité confiée aux porteurs de la prêtrise pour honorer leurs alliances. Ne pas faire de mission n’est donc pas un péché et ne rend personne indigne.

5. Attendre une récompense en retour (mariage, job, réussite)

La mission n’est pas un contrat commercial avec Dieu. On ne donne pas deux ans de sa vie en échange d’un bon conjoint ou d’un super travail à son retour. Penser ainsi transforme le service désintéressé en un simple calcul d’opportunisme.

6. Partir pour « trouver » un témoignage au lieu de le partager

On ne part pas en mission les mains vides simplement pour tester si la foi fonctionne. Le terrain missionnaire est bien trop exigeant pour servir de laboratoire d’essai personnel. Certes, il ne faut pas une foi parfaite pour s’engager. Cependant, il reste essentiel d’arriver avec une étincelle de conviction de départ et un réel désir d’y croire. La mission sert à fortifier, approfondir et faire grandir un témoignage déjà présent. Elle n’a pas pour rôle de combler un vide spirituel complet.

7. Espérer la conversion magique d’un proche

Certains dirigeants ont parfois fait cette fausse promesse à tort. Pourtant, partir en mission ne garantit pas le retour à l’Église d’un frère ou la conversion d’une maman. Chaque personne conserve son libre arbitre absolu. Dieu ne force personne, même en échange du sacrifice d’un missionnaire.

8. Obéir aveuglément à la pression d’un dirigeant

Un évêque ou un président de pieu a un rôle de guide, pas de décisionnaire à votre place. Si on part uniquement parce qu’un dirigeant nous pousse à le faire, la motivation ne tiendra pas. L’appel doit être une conviction intime, pas une réponse à une autorité locale.

9. Chercher son futur conjoint pendant le service

La mission exige une concentration totale sur le service d’autrui. Partir avec l’idée de repérer un ou une partenaire parmi les autres missionnaires gâche la démarche. Cela pollue l’esprit et perturbe l’œuvre qu’on est censés accomplir.

10. Partir par peur du rejet social ou du célibat

Pour certaines personnes, l’étiquette de « non-retour de mission » fait peur. Beaucoup de jeunes redoutent le regard des autres s’ils ne partent pas, craignant même de nuire à leurs futures perspectives de mariage. Mais s’engager par simple peur du rejet ou par pression sociale reste une fausse motivation. Une mission demande un don de soi sincère, pas une stratégie pour rassurer son entourage ou séduire un futur conjoint.

11. Viser de futurs postes à responsabilité dans l’Église

La mission n’est pas un tremplin de carrière ecclésiastique. Partir pour obtenir de la visibilité ou espérer devenir dirigeant plus tard relève de l’orgueil. Dans l’Évangile, le véritable service ne cherche ni le statut, ni la reconnaissance des hommes.

12. Développer un complexe de « sauveur » et se sentir supérieur

Certains missionnaires partent avec l’idée d’aller « sauver » des gens, en se croyant supérieurs à eux. Ils mettent une pression excessive sur les personnes pour les faire baptiser et obtenir des résultats. Mais la mission n’est pas une compétition de chiffres ou de persuasion. Penser que la conversion dépend de notre talent ou de notre force est une forme d’orgueil spirituel.

Les véritables motifs d’un engagement sincère

Au fond, le risque principal de ces mauvaises raisons n’est pas seulement de passer dix-huit mois ou deux ans difficiles. C’est surtout le risque de vivre une immense déception. Lorsqu’on part pour de fausses attentes, la réalité du terrain crée souvent un sentiment d’abandon, de trahison ou d’injustice. Au lieu de nous rapprocher du Christ, cette expérience peut finir par nous blesser et nous éloigner de l’Évangile comme de l’Église.

C’est précisément pour éviter cela qu’il faut comprendre quelles sont les vraies raisons de s’engager.

1. Une gratitude sincère envers Dieu

La motivation la plus solide naît d’un cœur profondément reconnaissant. Quand on a personnellement goûté à la paix de Dieu et constaté les bienfaits de l’Évangile dans sa vie, le désir d’en faire profiter les autres devient une évidence. On ne part plus pour faire plaisir à son entourage, mais par pur élan de reconnaissance. Le psalmiste décrivait bien cette dynamique spirituelle :

« Comment rendrai-je à l’Éternel Tous ses bienfaits envers moi ? J’élèverai la coupe des délivrances, Et j’invoquerai le nom de l’Éternel. » (Psaumes 116:12-13)

Servir devient alors une manière concrète de dire merci pour cette joie reçue.

2. Proposer l’Évangile en restant un simple instrument

Une des meilleures raisons reste le désir d’offrir l’Évangile avec amour et simplicité. Sans chercher à imposer ses vues ni à gonfler son ego. Le missionnaire n’est pas là pour accumuler des chiffres ou convertir par sa propre force. Il se place simplement comme un canal pour le Saint-Esprit. C’est exactement l’attitude d’Alma dans le Livre de Mormon :

« Oui, et c’est là ma gloire, de pouvoir, peut-être, être un instrument entre les mains de Dieu pour amener quelque âme au repentir ; et c’est là ma joie. » (Alma 29:9)

En adoptant cette posture d’humilité, le missionnaire propose le message avec respect, sans jamais rien forcer, en laissant à chacun son libre arbitre.

3. Un désir d’approfondir sa propre foi

Partir en mission ne demande pas de posséder une foi parfaite ou absolue dès le premier jour. L’essentiel est d’arriver avec le désir sincère d’en apprendre davantage et de progresser. Le terrain missionnaire offre un cadre unique pour faire passer ses croyances de la théorie à la pratique. L’apôtre Paul rappelait déjà à Timothée ce principe d’exercice spirituel :

« Ne néglige pas le don qui est en toi, et qui t’a été donné par prophétie avec l’imposition des mains de l’assemblée des anciens. Occupe-toi de ces choses, donne-toi tout entier à elles, afin que tes progrès soient évidents pour tous. » (1 Timothée 4:14-15)

En se mettant au service des autres, on met sa foi à l’épreuve. C’est dans ce don quotidien qu’une croyance simple se transforme en un témoignage personnel et inébranlable.

Trouver sa propre vérité avant de partir

Servir une mission n’est ni un rite de passage obligatoire, ni une démonstration de perfection spirituelle.

C’est un don de soi exigeant qui prend tout son sens lorsque la décision vient véritablement de vous. Si vous envisagez de partir, prenez le temps de faire un bilan sincère avec vous-même et devant Dieu. Mettez de côté la pression sociale, les attentes de votre entourage et les fausses promesses.

Posez-vous une question simple :

Suis-je prêt à servir par amour pour Dieu et par gratitude pour ce qu’il a placé dans ma vie ?

Si la réponse est oui, même avec une foi toute simple ou quelques craintes, vous partez sur de bonnes bases. Dans le cas contraire, prenez le temps de mûrir votre projet sans honte ni culpabilité. Il vaut mille fois mieux attendre ou choisir une autre façon de servir que de vous exposer à une expérience qui risquerait d’abîmer votre relation avec le Sauveur.