Avez-vous déjà cherché à comprendre ce qu’est réellement la prêtrise ? Souvent associée uniquement aux hommes ou à des tâches administratives, la prêtrise est en réalité une notion bien plus vaste, chaleureuse et profondément ancrée dans le service spirituel pour chacun d’entre nous.
Qu’est-ce que la prêtrise ?
Dans le Guide des Écritures, nous en avons une définition simple et claire :
« Autorité et pouvoir que Dieu donne à l’homme d’agir en toutes choses pour le salut de l’homme (D&A 50:26–27). Les membres masculins de l’Église qui détiennent la prêtrise sont organisés en collèges et ont l’autorité d’accomplir les ordonnances et certaines fonctions administratives dans l’Église. »
Concrètement, notre Père céleste délègue une partie de cette autorité sur terre. Il le fait pour que nous puissions agir en son nom avec amour. De plus, c’est ce pouvoir qui permet d’accomplir des ordonnances essentielles comme le baptême ou la sainte-cène. Ainsi, nous pouvons offrir des bénédictions touchantes et accompagner la vie de nos communautés.
Les deux ordres de la prêtrise et leurs rôles
Pour mieux nous organiser, la prêtrise se divise en deux grands ordres complémentaires. Chacun d’eux porte des responsabilités très concrètes :
1. La prêtrise d’Aaron
Cette prêtrise tire son nom d’Aaron, le frère aîné de Moïse dans l’Ancien Testament. À l’époque de l’Exode, Dieu a mis à part Aaron et ses descendants pour officier dans le tabernacle et administrer les cérémonies extérieures de la loi. Souvent qualifiée de prêtrise préparatoire, elle s’occupait des sacrifices et des rituels de purification pour aider le peuple à se rapprocher de Dieu.
Aujourd’hui, elle conserve ce même rôle essentiel. Elle prépare le cœur des membres à travers le service temporel, l’entraide et les premières ordonnances de l’Évangile. On y retrouve quatre offices principaux :
- Diacre. Il distribue la sainte-cène, veille au bien-être des membres et apporte une aide précieuse à l’évêque.
- Instructeur. Il veille sur les familles, les fortifie au quotidien et s’assure que la paix règne.
- Prêtre. Il prépare et bénit la sainte-cène. De plus, il accomplit les baptêmes et accompagne les plus jeunes dans leur progression.
- Évêque. Il préside la paroisse avec le cœur d’un pasteur, gère les besoins temporels et soutient chaque personne avec bienveillance.
2. La prêtrise de Melchisédek
À l’origine, cette haute prêtrise s’appelait « la Sainte Prêtrise selon l’ordre du Fils de Dieu ». Cependant, par profond respect pour le nom du Sauveur et pour éviter de le répéter trop souvent, les anciens prophètes l’ont nommée d’après Melchisédek. Ce dernier était un grand roi et grand prêtre d’une justice remarquable. Il a grandement béni le prophète Abraham dans l’Antiquité.
C’est cette même autorité spirituelle supérieure qui permet aujourd’hui de diriger l’Église, de donner des bénédictions de guérison et de transmettre les dons célestes pour guider chacun vers la vie éternelle. Voici les offices principaux de cette prêtrise :
- Ancien. Il confirme les nouveaux membres, transmet le don du Saint-Esprit et bénit les malades avec foi.
- Grand prêtre. Il veille sur les responsabilités spirituelles élevées et soutient la direction des paroisses.
- Patriarche. Il donne des bénédictions spéciales pour révéler les promesses personnelles de Dieu à chacun.
- Soixante-dix. Il voyage et sert de témoin spécial du Christ pour faire avancer l’Évangile à travers le monde.
- Apôtre. Il témoigne du Sauveur avec force et veille sur l’Église globale.
Une nuance essentielle : exercer plutôt que détenir
Pendant longtemps, il était courant de dire qu’un homme était un « détenteur de la prêtrise ». Aujourd’hui, l’Église nous invite à changer notre manière de parler pour mieux refléter la réalité : la prêtrise n’est la propriété privée de personne.
Concrètement, comment cela se traduit-il ?
- Pour les hommes. On ne dit plus qu’ils « possèdent » la prêtrise, mais qu’ils reçoivent l’autorité de l’exercer dans le cadre d’un service précis.
- Pour les femmes. Elles exercent tout autant cette autorité divine dès qu’elles sont mises à part pour un appel dans l’Église (par exemple pour présider une organisation, enseigner ou servir en mission).
En résumé, la prêtrise n’est pas un statut qu’on garde pour soi. C’est une autorité que Dieu nous prête temporairement pour nous permettre de servir les autres ensemble, avec humilité.
Comprendre les clés de la prêtrise
Si personne n’est propriétaire de ce pouvoir, comment s’organise le service ? C’est ici qu’interviennent les clés de la prêtrise.
Pour comprendre facilement, imaginez la clé d’un bâtiment : elle vous donne le pouvoir d’en ouvrir la porte, de laisser entrer les gens et d’organiser les activités à l’intérieur. Dans l’Église, les clés de la prêtrise fonctionnent de façon similaire. Elles représentent le droit d’autoriser, d’organiser et de diriger l’œuvre de Dieu dans un domaine précis.
Voici des exemples très concrets pour mieux visualiser :
Dans une paroisse. L’évêque est la seule personne qui détient les clés pour la paroisse. Concrètement, un jeune homme peut avoir la prêtrise pour bénir la sainte-cène, mais c’est l’évêque qui utilise ses « clés » pour autoriser que la sainte-cène soit préparée et distribuée ce dimanche-là.
Pour les ordonnances. Si un père souhaite baptiser son enfant, il a besoin de l’autorisation de son évêque. Pourquoi ? Parce que l’évêque utilise les clés de la prêtrise pour superviser la tenue des baptêmes dans sa communauté.
Lors d’un changement d’appel. Lorsqu’un président de mission ou un évêque finit son service, il ne garde pas cette autorité de direction. Les clés sont simplement transmises à son successeur lors de sa relève. Du jour au lendemain, il redevient un membre comme les autres, sans plus aucune clé en sa possession.
En résumé, si la prêtrise est le « moteur » qui permet de servir, les clés sont le « volant » qui permet de diriger l’œuvre avec ordre, clarté et unité. Et au sommet, c’est Jésus-Christ qui détient la totalité de ces clés et guide son Église avec bienveillance.
Comment cette autorité a-t-elle été rétablie ?
Cette autorité ne découle pas d’une invention humaine. En réalité, des messagers célestes l’ont remise directement à Joseph Smith pendant la traduction du Livre de Mormon.
La prêtrise d’Aaron
Le 15 mai 1829, Joseph Smith et Oliver Cowdery traduisaient un passage sur le baptême. Intrigués, ils sont allés prier dans les bois près de la rivière Susquehanna. En réponse, Jean-Baptiste est apparu dans une clarté céleste. Il leur a posé les mains sur la tête et les a appelés « mes compagnons de service ».
« À vous, mes compagnons de service, au nom du Messie, je confère la Prêtrise d’Aaron, qui détient les clefs du ministère d’anges, de l’Évangile de repentir et du baptême par immersion pour la rémission des péchés ; et cela ne sera plus jamais enlevé de la terre, jusqu’à ce que les fils de Lévi fassent de nouveau une offrande au Seigneur selon la justice. » (Doctrine et Alliances 13)
Il leur a transmis la prêtrise d’Aaron, le pouvoir de baptiser et le ministère des anges. Aussitôt après, les deux amis se sont baptisés mutuellement dans la rivière avec une joie immense.
Pour le récit complet, lisez Joseph Smith, Histoire 1:68-72.
La prêtrise de Melchisédek
Peu de temps après, la persécution s’est intensifiée. Les deux hommes cherchaient alors la direction et la force de Dieu. C’est alors que les apôtres du Christ — Pierre, Jacques et Jean — sont apparus au bord de la même rivière. Ils leur ont posé les mains sur la tête pour leur conférer la haute prêtrise. De plus, ils leur ont transmis les clés du royaume pour organiser l’Église rétablie.
« Et aussi avec Pierre, Jacques et Jean, que je vous ai envoyés, par lesquels je vous ai ordonnés et confirmés pour que vous soyez apôtres et témoins spéciaux de mon nom, et pour que vous portiez les clefs de votre ministère et des mêmes choses que je leur ai révélées ; à qui j’ai remis les clefs de mon royaume et une dispensation de l’Évangile pour les derniers temps et pour la plénitude des temps, au cours de laquelle je rassemblerai toutes choses en une, tant celles qui sont dans le ciel que celles qui sont sur la terre. » (Doctrine et Alliances 27:12-13)
Grâce à ces événements merveilleux, chaque ordonnance accomplie aujourd’hui repose sur cette même ligne d’autorité. Ainsi, une véritable chaîne d’amour et de service nous relie directement au Sauveur.
Un ministère de service avant tout
Au fond, ce pouvoir n’a jamais été conçu pour procurer du prestige. Le président Russell M. Nelson nous rappelle cette belle vérité :
« Le royaume de Dieu, lui, est gouverné par l’autorité de la prêtrise. Cette autorité n’est pas conférée pour honorer, mais pour permettre d’accomplir un ministère de service. Les titres de la prêtrise ne sont pas créés par l’homme, pas plus qu’ils ne sont honorifiques ni qu’ils indiquent un niveau de connaissances. Ils dénotent une nomination au service du Seigneur. » Président Russell M. Nelson, Avril 1993
Que nous soyons un homme ordonné ou une femme appelée à servir, la prêtrise nous réunit tous. Elle est le moyen magnifique par lequel Dieu nous invite à tendre la main à nos frères et sœurs.
