Chaque mois, de nombreux membres de l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours font un choix financier et spirituel particulier. Ils choisissent d’accorder dix pour cent de leurs revenus au Seigneur. Mais pourquoi faire cela ? Pour beaucoup de personnes extérieures, et même pour certains membres qui traversent des épreuves matérielles, payer la dîme peut sembler être un sacrifice immense, voire incompréhensible.
Pourtant, ce principe ne repose ni sur une contrainte administrative, ni sur une volonté d’enrichir une institution. C’est une démarche d’amour, de confiance et de foi personnelle envers Dieu. Dans cet article, nous allons explorer les origines de ce commandement, sa raison d’être aujourd’hui, et surtout la manière dont nous pouvons le vivre avec grâce, loin des jugements stricts.
Si vous vous posez des questions sur le sens profond de ce principe, soyez les bienvenus. Explorons cela ensemble, avec cœur et bienveillance.
Qu’est-ce que la dîme et comment est-elle utilisée aujourd’hui ?
Pour comprendre ce principe, il faut d’abord regarder sa définition la plus simple.
« La dîme est la consécration d’un dixième de nos revenus au Seigneur par l’intermédiaire de l’Église. Faire cette offrande à Dieu est une façon de « mettre le Seigneur en premier dans notre vie, au-dessus de nos propres préoccupations et intérêts ». »
Lorsque nous choisissons de payer la dîme, nous ne donnons pas un simple pourcentage à un organisme bienfaisant. Nous reconnaissons humblement que tout ce que nous possédons sur cette terre provient en réalité de notre Père céleste. En Lui rendant cette modeste partie, nous exprimons notre gratitude pour ses bénédictions quotidiennes.
La dîme est un commandement que les membres suivent après leur baptême.
Comment payer la dîme concrètement ?
Aujourd’hui, les démarches sont devenues très simples et s’adaptent aux habitudes de chacun :
- En ligne (la méthode la plus courante). Vous pouvez vous connecter à votre compte sur le site officiel de l’Église (ou via l’application mobile Outils pour les membres) et aller dans la section Donations. Le paiement s’effectue directement par carte bancaire ou virement sécurisé.
- En personne. Vous pouvez demander un bulletin de donation papier dans votre paroisse ou branche. Il suffit de remplir le montant souhaité, de glisser votre chèque ou vos espèces à l’intérieur, puis de remettre l’enveloppe en main propre à un membre de l’épiscopat ou de la présidence de branche.
- Le suivi personnel. Chaque membre peut consulter son historique de paiement à tout moment sur son compte en ligne et télécharger un reçu fiscal annuel.
Une fois par an, chaque membre est également invité à participer à la déclaration de la dîme (un bref entretien individuel avec l’évêque ou le président de branche) pour faire le point sur cet engagement. Et ainsi confirmer si sa dîme est complète selon sa conscience.
Comment est utilisé l’argent de la dîme
Sur le plan pratique, l’utilisation de cet argent suit un processus très strict et sacré. Aucun dirigeant local, qu’il soit évêque ou président de branche, ne touche un seul centime de ces fonds. En effet, tout le ministère local repose sur le bénévolat. Les fonds récoltés sont envoyés directement au siège de l’Église, où un conseil présidé par la Première Présidence, le Collège des douze apôtres et l’Épiscopat président décide de leur attribution.
Concrètement, ces contributions servent à
- Financer la construction et l’entretien des temples et des lieux de culte à travers le monde.
- Traduire et d’imprimer les Écritures en des dizaines de langues.
- Soutenir l’effort d’éducation de l’Église, notamment à travers les séminaires, les instituts et le système universitaire.
- Financer l’œuvre généalogique et l’œuvre missionnaire mondiale.
Chaque centime donné sert donc directement à édifier le royaume de Dieu et à offrir des espaces de paix à des millions de croyants. Membres ou pas de l’Église.
Un principe ancien : payer la dîme dans les Écritures
La pratique de la dîme n’est pas une invention moderne. Dès l’Ancien Testament, nous voyons les grands patriarches appliquer ce principe de foi avec joie. Par exemple, dans le livre de la Genèse, nous apprenons qu’Abraham a donné la dîme de tout ce qu’il possédait au roi Melchisédek :
« Béni soit le Dieu Très-Haut qui a livré tes ennemis entre tes mains ! Et Abram lui donna la dîme de tout. » (Genèse 14:20)
Plus tard, son petit-fils Jacob a fait une promesse similaire au Seigneur après avoir eu sa vision céleste à Béthel :
« Je te donnerai la dîme de tout ce que tu me donneras. » (Genèse 28:22)
Sous la loi de Moïse, ce principe est devenu un commandement formel pour tout le peuple d’Israël. Les Israélites apportaient les prémices de leurs récoltes et de leurs troupeaux pour soutenir les lévites, qui se consacraient entièrement au service du tabernacle et du temple.
Dans le Nouveau Testament, le Sauveur Lui-même a confirmé l’importance de ce principe. Tout en réprimandant les pharisiens pour leur hypocrisie et leur manque de charité, Jésus a rappelé que l’obéissance matérielle ne devait pas faire oublier l’esprit de la loi :
« Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites ! parce que vous payez la dîme de la menthe, de l’aneth et du cumin, et que vous laissez de côté ce qui est le plus important dans la loi, la justice, la miséricorde et la fidélité : c’est celà qu’il fallait pratiquer, sans négliger les autres choses. » (Matthieu 23:23)
Enfin, dans le Livre de Mormon et les Doctrine et Alliances, le Seigneur a réitéré cette loi pour notre époque. Il promet de grandes bénédictions spirituelles à ceux qui font ce choix de cœur. C’est notamment dans le livre de Malachie, cité par le Sauveur aux Néphites, que se trouve l’invitation la plus célèbre :
« Apportez à la maison du trésor toutes les dîmes, afin qu’il y ait de la nourriture dans ma maison ; mettez-moi de la sorte à l’épreuve, dit le Seigneur des armées, et vous verrez si je n’ouvre pas pour vous les écluses des cieux, si je ne répands pas sur vous la bénédiction en abondance. » (3 Néphi 24:10)
L’histoire montre donc que Dieu a toujours demandé à son peuple de placer sa confiance en lui au-dessus des ressources matérielles.
Pourquoi choisir de payer la dîme : un symbole, pas un paiement d’accès
Abordons maintenant le cœur spirituel du sujet. Pourquoi abordons-nous ce principe lors des entretiens pour le temple ou la prêtrise ? Malheureusement, une approche trop administrative donne parfois l’impression d’une simple cotisation ou un droit d’entrée.
C’est une erreur fondamentale.
En réalité, Dieu n’a pas besoin de notre argent. La dîme est un commandement parmi d’autres, et elle reste un acte purement symbolique pour exprimer notre foi. Comme chaque principe de l’Évangile, elle s’évalue d’abord selon l’intention du cœur. L’accès au temple n’est pas bloqué à quelqu’un qui lutte avec sa patience. Alors pourquoi fermer la porte à une personne sincère qui vit une réelle impossibilité matérielle ?
Certains membres traversent des épreuves très lourdes. La précarité financière ou le risque de briser l’harmonie du foyer imposent des choix complexes. Dans ces moments-là, la transparence du membre a une valeur immense devant Dieu. Pénaliser une personne qui exprime sa détresse avec honnêteté reste une injustice. C’est confondre une règle comptable avec la justice divine.
L’histoire de la veuve moderne
C’est précisément là que le ministère pastoral prend tout son sens. Un frère nous a raconté un jour l’histoire de cette femme seule qui vivait avec une pension de 400 euros. Elle ne pouvait plus payer la dîme depuis des années. Elle choisissait entre payer sa dîme et ses factures. Plutôt que de la juger, ce frère, qui était son président de branche, a agi en véritable berger. Il lui a proposé de régler ses factures via l’entraide, tout en l’invitant à tenter l’expérience de payer la dîme.
En agissant ainsi, il a simplement retiré la peur matérielle. Quelques mois plus tard, cette sœur a versé sa contribution d’elle-même sans demander à ce qu’on lui paie les factures. Elle avait enfin compris les bénédictions de ce principe, dans la paix et sans la moindre contrainte.
Le Sauveur ne mesure jamais la dignité d’une âme avec une calculatrice. Dans l’Évangile de Luc, Il observe la pauvre veuve déposer deux petites pièces :
« Il vit aussi une pauvre veuve, qui y mettait deux petites pièces. Et il dit : Je vous le dis en vérité, cette pauvre veuve a mis plus que tous les autres. » (Luc 21:2-3)
Ce commandement a été donné pour nous élever spirituellement. Il ne doit jamais devenir une pierre d’achoppement pour ceux qui luttent avec sincérité.
Une préparation à une loi plus grande : la consécration
En réalité, le principe de la dîme est étroitement lié à une loi spirituelle encore plus vaste : la loi de consécration. Cette loi nous invite à dédiers nos talents, notre temps et nos ressources à l’œuvre du Seigneur. En choisissant de payer la dîme, nous ne faisons pas qu’obéir à une règle comptable.
Nous nous exerçons concrètement à cette consécration.
Ce geste d’offrande renforce notre sentiment de communauté et de responsabilité partagée, car nos contributions financent les programmes de l’Église, l’aide humanitaire et la construction des temples. C’est un apprentissage progressif : donner dix pour cent aujourd’hui nous prépare le cœur à être capables de tout remettre entre les mains de Dieu demain.
Entre comptabilité et ministère : comment guider les âmes avec amour
Il existe parfois une tension douloureuse au sein des congrégations locales.
D’un côté, les dirigeants doivent maintenir les normes révélées par le Seigneur. De l’autre, ils sont appelés à paître les brebis avec une compassion infinie. Malheureusement, la tentation est grande de réduire le rôle de juge commun à une simple vérification comptable.
L’Évangile de Jésus-Christ n’a jamais été une affaire de formulaires ou de cases à cocher. Un dirigeant qui agit en berger ne se contente pas de demander un chiffre. Il cherche à comprendre l’histoire, les larmes et la réalité de la personne qui s’assoit en face de lui.
Regardons comment le Sauveur traitait ceux qui cherchaient à progresser malgré leurs limites. Dans l’Ancien Testament, le prophète Ésaïe décrivait déjà la douceur du ministère du Rédempteur :
« Il ne brisera pas le roseau abimé, Et il n’éteindra pas la mèche qui brûle encore. » (Ésaïe 42:3)
Lorsqu’une personne éprouve des difficultés à respecter le commandement de payer la dîme, le rôle de la communauté et des dirigeants est de fortifier ce roseau, pas de le casser. Comme l’a vécu la femme qui n’arrivait plus à payer la dîme, parfois les membres n’ont besoin que de compréhension. De temps. Et quand ils ont le temps d’expérimenter les bénédictions, ils obéiront le commandement d’eux-mêmes.
Cette approche pédagogique transforme la loi en une bénédiction vivante. Elle permet au membre de découvrir la bonté de Dieu. À l’inverse, une approche rigide et administrative risque d’éloigner des personnes sincères qui cherchaient simplement de l’aide et de la compréhension.
La grâce pour nos efforts sincères : dépasser la rigidité pour vivre la foi
Pourquoi la question des finances crée-t-elle autant de sentiments de culpabilité ou d’injustice ? La réponse est simple : l’argent est mesurable et visible. Il est très facile de calculer dix pour cent sur une fiche de paie. En revanche, il est impossible de quantifier la patience, la charité, la pureté des pensées ou la maîtrise de soi.
Pourtant, aucun membre ne franchit les portes du temple en ayant atteint une perfection à 100 % sur tous les commandements. Nous y allons tous en tant que disciples en chemin, conscients de nos faiblesses et dépendants de la grâce de Jésus-Christ. L’Apôtre Paul nous rappelle cette vérité fondamentale dans sa lettre aux Romains :
« Car tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu ; et ils sont gratuitement justifiés par sa grâce, par le moyen de la rédemption qui est en Jésus-Christ. » (Romains 3:23-24)
La grâce du Sauveur couvre nos manques d’amour, nos moments d’impatience ou nos doutes. Pourquoi ne couvrirait-elle pas nos luttes financières ? L’honnêteté est le véritable baromètre de la dignité spirituelle. Une personne qui reconnaît ouvertement ses difficultés devant son évêque fait preuve d’une grande valeur morale.
La vraie joie de payer la dîme
Dieu connaît parfaitement nos luttes invisibles, nos craintes matérielles et la sincérité de nos intentions. Il ne nous demande pas une perfection comptable immédiate, mais une marche humble à ses côtés.
Que vous soyez en mesure de verser une dîme complète, que vous traversiez une tempête financière ou que vous cherchiez encore à comprendre ce principe, souvenez-vous que votre valeur aux yeux du Seigneur reste immense et inaltérable.
Approchons chaque âme avec grâce, compassion et patience. Et permettons ainsi à chacun de progresser dans la paix et de ressentir le véritable amour du Sauveur.


