Récemment un membre de notre groupe WhatsApp Plus de Foi a exprimé un sentiment que beaucoup d’entre nous ressentent sans oser l’exprimer. Il s’interrogeait sur la répartition des responsabilités dans l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours. Pourquoi voit-on souvent les mêmes profils être appelés aux postes de président de mission, président de temple ou Soixante-dix ? Existe-t-il une forme de « cercle fermé » ? On se demande sincèrement comment sont choisis les dirigeants dans l’Église.
Prenons le temps d’explorer ce sujet avec ouverture, bienveillance et honnêteté.
Pourquoi avons-nous parfois l’impression d’un « cercle fermé » ?
Il est tout à fait légitime de se poser cette question. Quand nous regardons l’organisation de l’extérieur, certains parcours semblent suivre une ligne toute tracée. Un membre travaille dans les affaires temporelles de l’Église, puis devient président de mission, pour ensuite présider un temple.
Une impression légitime et humaine
Cette observation crée naturellement des interrogations. Nous sommes tous membres d’une même Église et nous cherchons tous à servir le Seigneur de notre mieux. Dès lors, voir une concentration de responsabilités chez un groupe restreint de personnes peut susciter de l’incompréhension.
Exprimer ce ressenti ne fait de personne un mauvais disciple. Le Seigneur nous invite toujours à chercher la vérité avec un cœur sincère.
La recherche de compétences et de préparation
D’un point de vue purement pratique, l’administration d’une zone géographique ou d’un temple exige une gestion rigoureuse. L’Église recherche fréquemment des personnes possédant une expérience professionnelle ou administrative solide.
Les membres ayant travaillé dans les structures temporelles connaissent déjà les rouages administratifs, financiers et logistiques de l’organisation. Cette familiarité facilite grandement leur transition vers d’autres responsabilités considérées plus voyantes.
Il s’agit donc souvent d’une continuité dans la préparation plutôt que d’un favoritisme délibéré.
La face cachée des hautes responsabilités : un sacrifice colossal
Cependant, nous oublions parfois la réalité quotidienne de ces charges spirituelles. Un « grand » appel dans l’Église ne constitue pas une promotion honorifique ou un statut social. Il représente avant tout un niveau de sacrifice personnel extrêmement lourd.
Servir dans un « grand » appel ne consiste pas à recevoir des honneurs, mais à donner tout son temps et toute son énergie au service des autres.
L’impact sur la vie professionnelle et financière
Servir comme président de mission ou Soixante-dix d’interrégion demande de mettre sa carrière entre parenthèses pendant plusieurs années. Pour beaucoup, cela implique :
- Abandonner un emploi stable
- Suspendre des projets personnels
- Changer radicalement de mode de vie
De plus, ces changements nécessitent souvent des déménagements fréquents à travers le monde. Les familles doivent s’adapter à de nouvelles cultures, de nouvelles langues et des environnements parfois complexes. Ce n’est pas simple, surtout avec des enfants en bas âge et adolescents.
Le coût sur l’équilibre familial et personnel
La charge de travail liée à ces appels reste monumentale. Les dirigeants consacrent leurs journées et leurs nuits au soutien des membres, à la gestion des crises et à la direction des réunions.
En conséquence, la vie de famille subit une pression constante. Les moments de détente deviennent rares et précieux.
Beaucoup d’entre nous reconnaîtront d’ailleurs qu’ils ne seraient pas prêts à sacrifier autant de leur vie familiale et personnelle.
Préserver son foyer demeure une priorité absolue pour beaucoup de membres, et c’est un choix parfaitement valide. Le Seigneur comprend nos limites et respecte profondément nos besoins d’équilibre.
« Qu’est-ce que je suis prêt·e à sacrifier ? »
En observant la vie de ces dirigeants et la réalité de leurs charges, prenons un instant pour nous interroger sincèrement. Demandons-nous : suis-je prêt·e à…
- …tout abandonner du jour au lendemain — ma carrière, mes projets personnels et mes habitudes — pour me consacrer entièrement au service ?
- …voir ma famille souffrir ou s’adapter difficilement à chaque nouveau déménagement et à chaque séparation ?
- …passer d’innombrables heures en réunion chaque semaine, après de longues journées déjà bien chargées ?
- …vivre au quotidien sans presque aucune aide de mon époux dans la gestion du foyer et l’éducation des enfants ?
- …porter la lourde responsabilité émotionnelle des épreuves, des doutes et des crises des membres de toute une région ?
- …mettre de côté ma vie privée, en sachant que nos moindres choix familiaux seront désormais observés et évalués ?
- …sacrifier mes week-ends, mes vacances et mes moments de repos pour répondre présent à la moindre urgence spirituelle ?
- …accepter la fatigue physique et mentale permanente que génère un engagement total sur plusieurs années ?
- …voir mes enfants grandir parfois loin de leurs repères, de leurs amis et de leur cercle familial élargi ?
- …servir dans l’ombre comme dans la lumière, sans jamais chercher la moindre reconnaissance humaine ?
Comment le Seigneur évalue-t-il notre service ?
Dans un monde axé sur la réussite et les échelons professionnels, nous risquons de transposer ces valeurs séculières dans notre vie spirituelle. Or, le Royaume de Dieu fonctionne selon des principes totalement différents.
Position dans l’Église ≠ Valeur aux yeux de Dieu
Chaque appel a une valeur égale devant Dieu
Aux yeux du Sauveur, il n’existe aucune hiérarchie dans la valeur des services rendus. L’œuvre d’une instructrice à la Primaire qui touche le cœur d’un enfant équivaut à celle d’un apôtre qui parcourt le monde.
- La fidélité prime sur la visibilité du poste.
- L’amour guidant nos actions importe plus que le titre sur notre badge.
- La sincérité de notre engagement transforme les vies, peu importe notre rôle.
Dieu ne nous jugera pas sur les titres figurant sur notre certificat d’appel. Il évaluera plutôt l’amour que nous avons manifesté envers nos frères et sœurs au quotidien.
Trouver la paix dans son propre cheminement
Il est essentiel de ne pas laisser ces interrogations affaiblir notre foi personnelle. Si nous ressentons de la frustration, prenons le temps de recentrer nos efforts sur notre relation avec le Christ.
Nous pouvons choisir de voir les dirigeants non pas comme des privilégiés, mais comme des serviteurs portant une charge très lourde. En priant pour eux et en soutenant nos dirigeants locaux, nous préservons la paix dans notre propre cœur.
Conclusion : servir là où nous sommes avec amour
En fin de compte, la question des appels à haute responsabilité nous ramène à l’essentiel : pourquoi servons-nous ? Nous ne servons pas pour obtenir de la reconnaissance ou pour gravir une échelle sociale. Nous servons parce que nous aimons le Sauveur et nos semblables.
Que nous soyons dirigeants d’interrégion, présidents de collège ou simplement membres fidèles au banc de notre paroisse, notre contribution reste essentielle. Chaque maillon de la chaîne fortifie l’ensemble de la communauté.
À vous la parole !
Que pensez-vous de ce sujet ? Avez-vous déjà ressenti cette impression de « cercle fermé » ou pensé au poids de ces grands sacrifices ? Partagez vos réflexions et vos expériences dans les commentaires ci-dessous, toujours dans le respect et la bienveillance !
