« Il faut avoir une vie saine. »
Qui n’a pas entendu cette phrase des dizaines de fois ? Sur Instagram ou YouTube, les influenceurs fitness prônent la routine parfaite. Ils affichent un corps sculpté et des habitudes impeccables. Mais soyons honnêtes. Entre le travail, la famille, les études et la fatigue du soir, ces standards paraissent souvent inatteignables. Consacrer deux heures par jour au sport et peser chaque ingrédient devient vite une charge mentale épuisante.
Pourtant, prendre soin de sa santé reste essentiel. C’est précisément là qu’intervient la Parole de Sagesse. Loin d’être un régime à la mode ou un livre de règles punitives, ce principe donné par Dieu offre une vraie boussole. Il ne cherche pas à nous culpabiliser. Au contraire, il nous aide à trouver un équilibre durable entre le corps et l’esprit.
Pour faire simple, la Parole de Sagesse est un code de santé et de bien-être reçu en 1833 par le prophète Joseph Smith. On le trouve dans la section 89 des Doctrine et Alliances. Ce texte combine cinq grands interdits (comme l’alcool ou le tabac) avec des conseils très modernes pour adopter une alimentation équilibrée au quotidien.
1. L’histoire d’une révélation en avance sur son temps
Pour comprendre la portée de ce texte, il faut voyager dans le temps. Nous sommes le 27 février 1833 à Kirtland, dans l’Ohio. Le prophète Joseph Smith dirige alors l’École des prophètes. Les frères se réunissent régulièrement dans une petite pièce à l’étage de leur magasin.
À cette époque, la culture du tabac est omniprésente. Lors des réunions, les hommes fument la pipe, chiquent et crachent par terre. Emma Smith, l’épouse du prophète, doit nettoyer ce sol maculé de crachats. La tâche est pénible et salissante. Elle s’ouvre à Joseph, qui commence à méditer sur le sujet. Est-il bien convenable d’aborder des thèmes spirituels dans une telle atmosphère ?
Une réponse divine pour notre époque
Après avoir prié Dieu, Joseph Smith reçoit une révélation aujourd’hui connue comme la Parole de Sagesse. Ce texte, d’une dizaine de minutes de lecture, jette les bases d’une loi de santé complète.
Au XIXe siècle, cette révélation passe pour farfelue. Le tabac est alors considéré comme un médicament cicatrisant. L’alcool coule à flots dans les saloons et sert de boisson courante. Personne ne se soucie des méfaits du café ou du thé. Pourtant, le Seigneur met son peuple en garde. Il anticipe les dérives d’un monde industriel guidé par le profit.
Dans le verset 4 de la section 89, le ton est donné :
« En conséquence des mauvaises intentions et des desseins qui existent et existeront dans les derniers jours dans le cœur des conspirateurs, je vous ai avertis et je vous préviens en vous donnant par révélation cette parole de sagesse. »
Dieu ne donne pas ce conseil par hasard. Il sait que des industries chercheront à créer des dépendances pour s’enrichir. Aujourd’hui, la science médicale et la sociologie confirment point par point ce que ce texte annonçait en 1833.
2. Les interdits : protéger notre corps et notre liberté
La Parole de Sagesse contient des conseils positifs, mais on la résume souvent à ses cinq grands interdits. Ces produits sont l’alcool, le tabac, le thé, le café et les drogues. Pourquoi une telle fermeté ? Tout simplement parce que ces substances altèrent notre libre arbitre et créent des addictions.
L’alcool et les boissons fortes
La Parole de Sagesse précise que les boissons fortes ne sont pas convenables pour l’homme.
« Lorsque quelqu’un parmi vous boit du vin ou des boissons fortes, voici, ce n’est pas bien ni convenable aux yeux de votre Père, excepté lorsque vous vous assemblez pour offrir vos sacrements devant lui. Et voici, ce doit être du vin, oui, du vin pur des raisins de la vigne, fabriqué par vous-mêmes. Et de plus, les boissons fortes ne sont pas pour le ventre, mais pour vous laver le corps. » (D&A 89:5-8)
À l’époque, le vin servait encore pour la Sainte-Cène. Le Seigneur a ensuite demandé de remplacer le vin par de l’eau.
Les boissons alcoolisées d’aujourd’hui n’ont plus rien à voir avec celles d’autrefois. Les stratégies marketing cherchent à banaliser la consommation d’alcool. Elles en font un ingrédient indispensable de la fête. Pourtant, l’alcoolisme brise des familles, détruit la santé hépatique et cause des milliers d’accidents.
En nous demandant de nous en abstenir, Dieu nous protège des drames causés par la perte de contrôle.
Le tabac et les pièges modernes comme le vapotage
Le verset 8 affirme clairement que le tabac n’est pas bon pour l’homme. La médecine mettra plus d’un siècle à prouver le lien direct entre la cigarette et le cancer du poumon.
« Et de plus, le tabac n’est ni pour le corps, ni pour le ventre, et n’est pas bon pour l’homme, mais c’est une herbe pour les contusions et le bétail malade, dont il faut user avec sagesse et savoir-faire. »
De nos jours, le danger a changé de visage. L’industrie du tabac propose des alternatives séduisantes comme la cigarette électronique ou le vapotage. De nombreux jeunes s’imaginent inhaler de la simple vapeur d’eau parfumée.
C’est une illusion totale.
La majorité des recharges contiennent de la nicotine hautement addictive, ainsi que des solvants toxiques. Les pneumologues alertent désormais sur des détresses respiratoires aiguës chez de très jeunes utilisateurs. Vapoter va donc à l’encontre de la Parole de Sagesse.
Les drogues illégales et les opioïdes sur ordonnance
La consommation de drogues ne touche pas seulement les produits illicites comme le cannabis ou la coche. Les drogues pharmaceutiques posent un problème tout aussi grave.
Aux États-Unis et en Europe, la crise des opioïdes a fait des ravages. De nombreux patients ont reçu des antidouleurs puissants après une opération. Ils se sont retrouvés piégés par une dépendance physique incontrôlable, même après leur guérison. Le Seigneur nous demande d’éviter toute substance addictive. Les médicaments forts doivent être utilisés sous le contrôle strict d’un médecin compétent, uniquement durant la période prescrite.
La question du thé et des boissons brûlantes
Au verset 9, le texte parle des « boissons brûlantes ». Dès les premiers temps de l’Église, les dirigeants ont précisé que cette expression désignait le thé et le café.
Le café et le thé noir contiennent des composés qui créent une accoutumance. Mais qu’en est-il du thé vert ou du thé glacé ? Le thé vert et le thé noir proviennent de la même plante. La seule différence réside dans la fermentation des feuilles. Par conséquent, le thé vert, le thé noir et le thé glacé font tous partie des boissons à éviter.
Certains s’étonnent de cette interdiction concernant le thé, souvent vanté pour ses antioxydants. Il faut savoir qu’absorbé à forte dose, le thé peut provoquer de l’insomnie, de la constipation et des maux d’estomac. De plus, les tanins du thé interfèrent avec l’absorption du fer par l’organisme, ce qui peut favoriser l’anémie.
Mais au-delà des arguments scientifiques, suivre ce conseil est un acte de foi. Avant que la science ne prouve la dangerosité du tabac ou de l’alcool, les Saints obéissaient déjà par confiance envers Dieu. Il en va de même pour le thé. C’est un petit rituel d’obéissance qui renforce la maîtrise de soi.
3. Le grand débat de la caféine et des sodas
La question de la caféine suscite souvent d’ardents débats parmi les membres de l’Église. Faut-il bannir totalement les sodas au cola ou les boissons énergisantes ?
Une distinction entre doctrine et opinion personnelle
Au fil des décennies, les avis ont parfois varié. En 1918, des articles de presse misaient déjà en garde contre l’invasion du Coca-Cola dans la vie quotidienne. En 1937, des écrits déconseillaient vivement ces boissons en les qualifiant de produits nocifs.
Pourtant, la position officielle de l’Église est restée mesurée et claire. En 2012, un communiqué officiel est venu rectifier les idées reçues :
« Malgré ce qui a été rapporté, la révélation de l’Église énonçant les pratiques de santé (Doctrine et Alliances 89) ne mentionne pas l’utilisation de la caféine. Les directives de santé de l’Église interdisent les boissons alcoolisées, le tabac à fumer ou à chiquer, et les « boissons brûlantes » — les dirigeants de l’Église ayant enseigné que ces dernières se réfèrent spécifiquement au thé et au café. »
L’Église n’a jamais fait de la caféine un motif d’interdiction pour entrer au temple ou se faire baptiser.
S’attacher à l’esprit du principe
Cela ne veut pas dire que tous les sodas sont bons pour la santé. Les prophètes nous invitent à faire preuve de sagesse. Le président Boyd K. Packer enseignait qu’un principe est une vérité durable destinée à nous guider, et non une liste d’interdits infinie.
« Un principe est une vérité durable, une loi, une règle que l’on peut adopter comme guide pour prendre des décisions. Généralement, les principes ne sont pas énoncés en détail. Cela laisse la liberté de trouver son chemin en ayant pour guide une vérité durable, un principe. »
Boire des litres de soda ou des boissons énergisantes saturées de sucre et de caféine nuit au corps. L’esprit de la Parole de Sagesse consiste à éviter tout ce qui engendre une dépendance ou abîme notre santé. Chacun est invité à faire des choix responsables sans imposer ses convictions personnelles aux autres.
4. Les conseils positifs : retrouver le rythme de la nature
On oublie trop souvent que la Parole de Sagesse ne se limite pas à des interdictions. La deuxième moitié du texte contient de précieux conseils pour bien se nourrir et respecter notre corps.
Le verset 11 et l’alimentation de saison
Le verset 11 de la section 89 cache une pépite souvent ignorée :
« Chaque herbe en sa saison et chaque fruit en sa saison ; tous ceux-ci doivent être utilisés avec prudence et actions de grâces. »
Aujourd’hui, les supermarchés proposent des tomates en plein hiver et des fraises importées de l’autre bout du monde en juillet. Nous pouvons tout manger, tout le temps. Pourtant, notre corps possède une horloge biologique interne réglée sur les saisons.
L’exposition constante au sucre et aux produits importés perturbe notre métabolisme. Dans les sociétés modernes, la surconsommation de sodas et de sucres raffinés accélère le vieillissement cellulaire. Chez les enfants, cela provoque une hausse du surpoids et parfois le déclenchement d’une puberté trop précoce.
Manger des produits locaux et de saison permet au corps de suivre son rythme naturel. C’est une habitude simple qui favorise une meilleure digestion et préserve notre vitalité.
La viande avec modération
La question de la viande fait aussi l’objet de nombreuses discussions. Le verset 12 indique que la chair des bêtes et des oiseaux est prévue pour l’usage de l’homme, mais qu’il faut en user avec économie. Le verset 13 ajoute qu’il est préférable d’en consommer principalement en période d’hiver, de froid ou de famine.
« Oui, moi, le Seigneur, j’ai aussi prévu la chair des bêtes et des oiseaux du ciel pour l’usage de l’homme avec actions de grâces ; toutefois, il faut en user avec économie. Et il m’est agréable que l’on n’en use qu’en période d’hiver, ou de froid, ou de famine. »
Certains en concluent qu’il faut devenir strictement végétarien. Pourtant, dans Doctrine et Alliances 49:18 on lit que celui qui ordonne de s’abstenir de viande n’est pas mandaté par Dieu.
La règle d’or reste la modération.
Il ne s’agit pas d’interdire les barbecues d’été, mais de prendre conscience de notre consommation. Manger moins de viande, mais de meilleure qualité, est bénéfique pour notre santé et préserve les ressources de la planète.
Le respect des animaux et de l’écosystème
La Parole de Sagesse prend soin de mentionner la nourriture adaptée aux animaux. Le verset 17 rappelle :
« Le blé pour l’homme, le maïs pour le bœuf, l’avoine pour le cheval, le seigle pour la volaille et les pourceaux et pour toutes les bêtes des champs, et l’orge pour tous les animaux utiles, et pour des boissons légères, de même que d’autres grains. »
Dieu s’intéresse à l’ensemble de sa création.
Avoir une vie saine implique de respecter notre écosystème. Lorsque nous maltraitons la nature ou que nous exploitons les animaux de manière irresponsable, nous brisons l’équilibre voulu par le Créateur. Prendre soin de son corps va de pair avec le respect du monde qui nous entoure.
5. Une perspective humaine : Concilier culture, plaisir et progression
Il est parfois intimidant de vouloir tout appliquer parfaitement dès le premier jour. C’est ici qu’une touche de bienveillance s’impose.
Quand une personne découvre la Parole de Sagesse, renoncer à une tasse de thé ou à un verre de vin lors d’une célébration peut sembler difficile. Mais la foi ne demande pas de renoncer au plaisir de la table. Elle invite simplement à remplacer certaines habitudes par des choix plus sains.
Suivre ce commandement permet de profiter pleinement des repas sans dépendre de l’alcool pour s’amuser. On découvre une vraie liberté : celle de partager un moment chaleureux en gardant l’esprit parfaitement clair.
Avancer à son rythme sans culpabiliser
Personne n’a une alimentation parfaite à 100%. Entre le manque de temps et le coût des produits bio, nous faisons tous des compromis. Acheter des plats préparés ou manger un gâteau trop sucré arrive à tout le monde.
L’essentiel est d’éviter l’auto-culpabilisation.
La culpabilité paralyse et empêche d’avancer. La Parole de Sagesse est un chemin de progression, pas un examen. Chacun fait de son mieux selon son temps, ses moyens et sa situation. L’important est de chercher à s’améliorer un peu chaque jour, avec patience et bienveillance envers soi-même.
6. Les promesses : La santé du corps et les trésors de l’esprit
Pourquoi faire tous ces efforts ? La réponse se trouve à la fin de la section 89, sous la forme d’une promesse magnifique :
« Et tous les saints qui se souviennent de garder et de pratiquer ces paroles, marchant dans l’obéissance aux commandements, recevront la santé en leur nombril et de la moelle pour leurs os. Et ils trouveront de la sagesse et de grands trésors de connaissance, oui, des trésors cachés ; et ils courront et ne se fatigueront pas, et ils marcheront et ne faibliront pas. Et moi, le Seigneur, je leur fais la promesse que l’ange destructeur passera à côté d’eux, comme pour les enfants d’Israël, et ne les frappera pas. Amen. » (D&A 89:18-21)
La santé physique
La promesse commence par des bénédictions corporelles. En évitant les toxines et en nourrissant notre corps avec des aliments simples, nous renforçons notre système immunitaire. Nous préservons notre énergie pour nos activités quotidiennes, nos études et notre travail.
La sagesse et les trésors spirituels
La bénédiction la plus précieuse reste spirituelle. Le corps est le temple de notre esprit. Lorsque notre corps est débarrassé des dépendances et de la confusion causée par les drogues ou l’alcool, notre esprit devient plus réceptif.
Nous devenons plus attentifs aux inspirations du Saint-Esprit. Nous développons une plus grande clarté mentale pour résoudre nos problèmes et prendre de bonnes décisions. C’est cela, la vraie sagesse : un art de vivre réfléchi, modéré et aligné sur les principes divins.
L’endurance et la vitalité
Le Seigneur promet également une capacité de résistance accrue face à la fatigue. En prenant soin de notre corps jour après jour, nous recevons une force renouvelée pour faire face aux exigences de notre quotidien. Nous trouvons l’énergie nécessaire pour courir sans nous fatiguer et marcher sans faiblir, que ce soit dans nos responsabilités familiales, professionnelles ou spirituelles.
La protection divine
La dernière promesse fait écho à la protection accordée aux enfants d’Israël lors de la Pâque. L’Éternel promet que l’ange destructeur passera à côté de nous sans nous frapper. Cette protection nous préserve des doutes inutiles, des dangers physiques et des pièges spirituels qui cherchent à détruire notre paix intérieure.
Conclusion : Faire le choix de la liberté
La Parole de Sagesse n’est pas un fardeau réservé à une élite. C’est un cadeau d’amour offert par notre Père céleste. Dans un monde hyperconnecté qui nous pousse aux excès ou aux régimes irréalistes, ce principe nous ramène à l’essentiel : la simplicité, la modération et la maîtrise de soi.
En prenant soin de notre corps, nous protégeons notre liberté d’agir. Nous évitons les pièges de l’addiction et nous préparons notre esprit à recevoir une lumière plus grande.
N’essayez pas de tout changer du jour au lendemain. Choisissez une petite habitude à améliorer dès aujourd’hui : boire plus d’eau, manger un fruit de saison ou réduire les produits ultra-transformés. C’est par ces petits choix quotidiens que l’on construit une vie saine et heureuse.
Et vous, quelle est votre astuce au quotidien pour prendre soin de votre santé et garder un bon équilibre ?

4 réponses
2.5
La parole de sagesse est quelque chose de merveilleux. L’emphase est mis sur la santé et non sur une notion de pur et d’impure et j’aime beaucoup cet aspect. Si on consomme par inadvertance, ce n’est pas catastrophique (le nombre de bonbons au chocolat à l’alcool que j’ai craché… sans culpabilité, juste en me disant « oups, celui-la était pas bon »). Dans mon cas, suivre la parole de sagesse a été la réponse à une bénédiction de santé qui a changé ma vie.
Par contre, j’ai fumé ado, un été (l’été de ma rébellion on va dire ^^). Depuis, chaque été, je ressens l’envie de fumer. L’addiction est un sujet terrible. J’ai beaucoup d’admiration pour les convertis qui arrêtent la cigarette. C’est une vraie preuve de foi, on a pas idée.
Merci beaucoup pour ces beaux discours et témoignages. J’ai pratiquement vécu la même expérience, le chocolat en moins. Et je suis accro au frais fait maison sans trop de matière grasse. Que Dieu vous bénisse et vous protège. Au nom de Jésus-Christ. AMEN