Personne 1 : « T’as vu la personne qui est venue à l’église avec ses piercings ? »
Personne 2 : « Ouais, et t’as vu Clémentine ? Elle s’est fait des tatouages aussi ! »
Stop. Prenons un instant pour reprendre certaines bases sur les tatouages et les piercings. Pendant longtemps, ces sujets étaient abordés dans l’Église comme des choses à éviter absolument. Aujourd’hui, bien que les principes de respect du corps restent les mêmes, le discours a évolué vers une compréhension plus profonde : l’apparence ne dit pas tout.
Ce que l’Église disait sur les tatouages et les piercings
Pour comprendre d’où nous venons, il est utile de relire les conseils donnés par le passé.
Le président de l’Église
Lors de la réunion générale de la Société de Secours d’octobre 2000, le Président Gordon B. Hinckley a déclaré :
Nous, Première Présidence et Conseil des Douze, avons pris position et je cite : « L’Église recommande de ne pas porter des tatouages. Elle recommande aussi de ne pas se percer des parties du corps à d’autres fins que médicales bien qu’elle ne se prononce pas sur le percement minime des oreilles pour les femmes pour une paire de boucles d’oreilles. » (Président Gordon B. Hinckley, Votre tâche la plus importante, celle de mère, Conférence générale, octobre 2000).
Ancrés dans la foi dit aussi
Les prophètes des derniers jours recommandent fortement de ne pas percer le corps sauf pour des raisons médicales. Si les jeunes filles et les femmes désirent se faire percer les oreilles, il leur est recommandé de ne porter qu’une seule paire de boucles d’oreilles discrètes. (Piercing, Ancrés dans la foi).
Un tournant : ce que l’Église a dit récemment
Voici pourquoi on dit que le discours de l’Église a récemment évolué. Tout d’abord, la Première Présidence n’a plus fait mention des tatouages et des piercings de manière prescriptive lors des dernières Conférences Générales. De plus, en 2022, il y a eu un tournant décisif.
Voici ce qui est écrit dans le manuel Jeunes Soyez Forts : Un guide pour faire les bons choix dans la section Questions et Réponses du thème 10. Ton Corps est un sacré :
« Quels sont les critères du Seigneur sur la tenue vestimentaire, la présentation, les tatouages et les piercings ? Le Seigneur te demande d’honorer le caractère sacré de ton corps, même si cela signifie être différent des autres. Appuie-toi sur cette vérité et sur l’Esprit lorsque tu fais des choix, surtout s’ils ont des effets à long terme sur ton corps. Sois fidèle et fais preuve de sagesse. Demande conseil à ta famille et à tes dirigeants. »
Une question de cœur avant tout
L’Évangile nous invite à agir avec réflexion et à nourrir une relation sincère avec Dieu. L’essentiel n’est pas de correspondre à un modèle extérieur parfait, mais de marcher avec intégrité, foi et humilité.
Certains membres choisissent de ne pas avoir de piercings ou de tatouages par conviction personnelle ou par respect pour les enseignements passés. D’autres, tout en restant profondément fidèles à leur engagement envers Dieu, font des choix différents pour leur apparence. Pour eux, cela ne remet pas en cause leur foi ni leur désir de suivre le Christ.
Comme le rappelle le Seigneur dans les Écritures :
« L’Éternel ne considère pas ce que l’homme considère ; l’homme regarde à ce qui frappe les yeux, mais l’Éternel regarde au cœur » (1 Samuel 16:7).
Le corps est un temple, mais de quel type ?
On cite souvent 1 Corinthiens 6:19 pour dire que notre corps est un temple. Mais être un temple ne signifie pas forcément répondre à des critères esthétiques rigides. Un corps est un temple parce qu’il est sacré et qu’il peut devenir un lieu où l’Esprit du Seigneur habite.
Honorer son corps, c’est vivre avec modestie, simplicité et respect, mais c’est aussi reconnaître que chaque personne chemine différemment avec Dieu. Un tatouage ou un piercing n’empêche pas l’Esprit de briller à travers les yeux d’une personne.
En effet, de nombreuses cultures utilisent les modifications corporelles comme de profonds symboles d’identité ou de spiritualité. Par exemple, le Tā moko maori illustre la lignée et le statut social d’un individu. En outre, certaines traditions d’Afrique ou d’Asie utilisent les piercings pour marquer des passages importants de la vie.
Par conséquent, ces pratiques transforment le corps en un véritable langage sacré. Elles expriment ainsi le respect des ancêtres et l’histoire d’un peuple entier. Finalement, ces marques dépassent largement la simple mode esthétique pour devenir un héritage vivant.
Le conseil des dirigeants : « Arrêtez ! »
Tandis que les conseils sur l’apparence visent à nous aider à nous souvenir de notre nature divine, les dirigeants de l’Église ont été très clairs sur un point : le jugement n’a pas sa place parmi nous.
En fait, on pourrait traiter des jugements que nous portons envers autrui en un seul mot. Quand il s’agit de haïr, de médire, de faire comme si la personne n’était pas là, de railler, d’entretenir de la rancune ou de vouloir faire du mal, veuillez appliquer ceci :
Arrêtez !
C’est aussi simple que cela. Il nous faut tout simplement arrêter de juger les autres et remplacer nos jugements par un cœur plein d’amour pour Dieu et ses enfants. Dieu est notre Père. Nous sommes ses enfants. Nous sommes tous frères et sœurs. (Elder Dieter F. Uchtdorf, Les miséricordieux obtiennent miséricorde, Conférence générale, octobre 2012).
Cultiver l’unité dans la diversité
Dans un monde où les apparences prennent une place démesurée, l’Évangile nous rappelle que Dieu regarde plus loin. Il connaît nos intentions et notre engagement réel.
Si nous voulons vraiment suivre le Sauveur, nos discussions ne devraient pas porter sur le nombre de boucles d’oreilles de notre voisine ou l’encre sur le bras d’un nouveau membre. Elles devraient porter sur la manière dont nous pouvons nous soutenir les uns les autres dans nos défis.
L’essentiel à retenir :
- Le respect du libre arbitre : Chaque individu est responsable de ses choix devant Dieu.
- L’accueil inconditionnel : La valeur d’une personne dans le royaume de Dieu ne change pas selon son apparence.
- L’amour fraternel : Notre mission est d’aimer, pas de surveiller.
En fin de compte, l’apparence extérieure n’est jamais le reflet complet de la véritable personnalité ou de la spiritualité d’un individu. Cherchons à voir les autres comme Dieu les voit : par le cœur.
Article écrit par Giada de plusdefoi.org
